En région Pays de la Loire, Alexandra Vincent a fondé l’Élevage de la Vallée de l’Hyrôme, où elle consacre son quotidien au Berger Australien. Avec une cinquantaine de chiens, dont 2 mâles et 5 femelles reproducteurs, elle a construit une philosophie claire : privilégier des chiens équilibrés, joyeux et agréables à vivre, plutôt que la seule recherche du pedigree.
Rencontre avec une passionnée qui place l’épanouissement du chien au cœur de son travail.
Comment avez-vous commencé à élever des Bergers Australiens ?
Au départ, je vivais entourée de grands espaces et j’ai commencé à élever des chiots. Le Berger Australien s’est imposé assez vite comme une évidence, même si je n’avais jamais travaillé avec des chiens auparavant. Ma première chienne m’a conduite à ma première portée. Mais j’ai volontairement mis fin à ma première lignée : les caractères étaient trop instables, et je n’étais pas satisfaite. J’ai préféré repartir sur des bases saines.

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Quelle est, selon vous, la vocation première du Berger Australien ?
C’est avant tout un chien de travail. On l’imagine souvent aux côtés des chevaux, notamment aux États-Unis où il est très présent dans les ranchs. Les femelles sont généralement plus vives, plus “piqueuses”, parfois même un peu bagarreuses, tandis que les mâles sont plus calmes, câlins et proches de leur maître. Ces différences sont importantes à connaître avant d’adopter.
Quels examens de santé recommandez-vous pour cette race ?
Comme beaucoup de races, il y a les radios de dysplasie des hanches et des coudes. Mais pour le Berger Australien, il faut être particulièrement attentif à l’épilepsie, qui reste une tare préoccupante. Les tests génétiques essentiels sont l’AOC, l’APR, le HSF4 (cataracte héréditaire) et le MDR1 (sensibilité médicamenteuse).
Comment expliquez-vous sa popularité ?
Son physique y est pour beaucoup : ses yeux bleus “merle” et sa robe attirent énormément. Les médias et la télévision ont largement contribué à sa notoriété. Mais il faut le rappeler : ce n’est pas un chien pour tout le monde.
Quel budget faut-il prévoir pour accueillir un Berger Australien ?
Pour un chiot issu d’un élevage sérieux, avec des reproducteurs testés et sélectionnés, il faut compter entre 1 500 et 1 800 € minimum. En dessous, il faut se méfier : souvent les tests ne sont pas réalisés. Ensuite, il faut prévoir les frais classiques : alimentation, santé, toilettage, jeux, mais aussi éducation et dressage, car c’est un chien qui a besoin d’être canalisé.

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À quels types de familles conseillez-vous cette race ?
Je suis très vigilante : je pose beaucoup de questions et je demande souvent deux visites avant toute adoption. Je veux être sûre que les futurs maîtres ont le temps et l’envie de s’investir. J’ai déjà refusé plusieurs adoptions quand les conditions ne me semblaient pas favorables. Je place mes chiens en fonction de leur comportement, pas seulement en fonction des demandes. Ce qui compte pour moi, c’est leur épanouissement.
Quels conseils donnez-vous aux futurs adoptants ?
Je remets toujours des fiches précises, par exemple sur les temps de divertissement adaptés à l’âge du chiot, pour protéger son squelette. J’ai aussi mis en place des groupes Messenger pour chaque portée. Cela permet de rester en contact avec les familles, de répondre aux questions et même de créer des liens entre adoptants. C’est un système que j’ai lancé pendant le Covid et qui fonctionne très bien.
Êtes-vous impliquée dans des clubs ou associations ?
Oui, je suis membre du club de race des Bouviers, de l’ACMA et de quelques associations locales. Cela permet de partager des expériences.
Avez-vous une anecdote marquante à partager ?
Un jour, trois de mes Bergers Australiens m’ont échappé sur un terrain non clos. J’ai eu très peur… Ils sont finalement revenus, mais avec un ragondin attrapé en chemin ! Ce n’est pas un chien de chasse à proprement parler, mais son instinct peut parfois surprendre !


