Dans les Hauts-de-France, Séverine Bigard a fondé l’Élevage du Domaine des Robes Sacrées, où elle se consacre exclusivement au Berger Australien. Ce chien actif, intelligent et profondément attachant a marqué sa vie, au point de transformer une passion familiale en véritable vocation.
Rencontre avec une éleveuse qui voit dans cette race bien plus qu’un simple compagnon : un partenaire de vie.
Comment avez-vous découvert le Berger Australien ?
Il y a dix ans, nous avons adopté Leta, une femelle Australienne. Mon mari voulait un chien capable de l’accompagner en course à pied, sans l’intensité du Border Collie. Nous cherchions un chien polyvalent, actif mais pas excessif. De fil en aiguille, nous avons eu une première portée. Cela représentait énormément de travail, mais mon mari a été conquis. Il a même quitté son emploi dans l’industrie pour se consacrer à l’élevage. Nous avons investi dans des infrastructures dédiées, et aujourd’hui, nous travaillons uniquement avec le Berger Australien.

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Qu’est-ce qui vous touche le plus dans cette race ?
Le Berger Australien, c’est plus qu’un chien. Il est d’une loyauté exceptionnelle : il vous aime, vous soutient, sans jugement. Il y a quelques années, j’ai fait une dépression, et Leta a été ma thérapie. Elle m’a aidée à me lever, à bouger, à avancer. C’est un chien qui peut aussi avoir un rôle utile : certains travaillent avec des kinés, d’autres accompagnent des enfants autistes.
Quels examens de santé recommandez-vous ?
La santé passe avant tout par la génétique. Il faut être attentif à la dysplasie, surtout liée aux efforts trop intenses avant les 12 mois du chien, et réaliser le test MDR1. Pour mes adoptants, je remets un livret d’une vingtaine de pages avec l’historique de la race, la socialisation, l’éducation positive, les risques de maladies, les consignes de santé, les antécédents des parents… L’idée est de donner toutes les clés pour bien démarrer.
En quoi le Berger Australien est-il unique selon vous ?
Je dirais son intelligence et son attachement. C’est un chien qui stimule, qui accompagne, qui apporte énormément dans un foyer. Même les personnes peu portées sur les chiens finissent souvent par craquer. Il est aussi très gourmand et… parfois têtu ! L’éducation doit être ferme mais positive, avec beaucoup de jeux et de stimulation mentale.

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Comment expliquer sa popularité, notamment dans votre région ?
D’abord, il est objectivement très beau : ses yeux bleus, ses robes variées, son allure noble… tout attire. Et ici, dans les Hauts-de-France, nous avons beaucoup d’espace, des maisons avec jardin : un environnement parfait pour lui.
Quel budget faut-il prévoir pour l’adoption et l’entretien ?
Mes chiots sont vendus entre 1 300 € et 1 500 € selon la couleur. À ce prix, les familles repartent avec un kit complet : laisse, collier, tapis de léchage, conseils personnalisés. Je trouve que dépasser 2 000 € n’est pas justifié : un chien représente déjà de nombreux frais après l’adoption (santé, toilettage, éducation, alimentation).
À quels profils s’adresse le mieux cette race ?
Au départ, beaucoup de jeunes adultes adoptaient des Bergers Australiens. Aujourd’hui, je place aussi des chiots chez des personnes de plus de 60 ans. L’essentiel est d’avoir un minimum d’espace, un jardin ou une cour. Je refuse en général les appartements, sauf si la personne connaît bien la race. Et je fais toujours rencontrer les futurs adoptants avec les parents du chiot, pour vérifier que le courant passe.
Que dites-vous aux familles adoptantes ?
Je leur explique que chaque adoption doit être réfléchie et faite en conscience. C’est un gros investissement en termes de temps, mais c’est ce qui garantit que les chiens soient heureux et que les familles soient épanouies.


